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atmosphere

j’écoutais ça ce matin, vers 8h, et j’ai vécu un truc énorme.

 

aujourd’hui je dois me lever super tôt pour me rendre à un labo d’analyses le plus vite possible. je pars de chez moi vers 7h moins vingt, j’arrive au labo à 7h10. comme j’en ai pas pour longtemps, quand je sors, ce que je me dis en premier c’est que je suis déjà dehors avec toute la journée devant moi. de quoi en profiter.

je suis en face de la gare, y a des lycéen(ne)s en slim de toutes les couleurs qui se dirigent en bandes vers les bus pour aller en cours. et là, j’ai envie de revoir mon ancien lycée. (le premier.) je prends alors moi aussi n’importe quel bus, ils y vont tous, et le voyage commence.

la ville est tellement jolie par ce temps, le soleil s’est pas encore bien levé, le ciel est pas mal couvert et la lumière est comme éteinte. les arbres sont encore habillés de tous les verts possibles, le canal est paisible et je trahis mon orgueil de pétasse (je suis en talons aujourd’hui, ça n’arrive jamais.) par un sourire heureux et détendu, et j’ai pas encore vu le meilleur.

le bus arrive à la gare routière du lycée 15-20 minutes plus tard, le temps de me reprendre tous les souvenirs en pleine face, un à un, rue par rue… je suis une putain de nostalgique. j’ai jamais trouvé d’autre mot, ni d’autre qualificatif. je fais le chemin parmi tous ces gens de 15 ans de moyenne qui fument déjà depuis la primaire, j’ai comme une conne le sourire au lèvres. je suis loin de m’inquiéter pour eux. aujourd’hui, je met les pieds dans ce foutu temple de l’insertion dans la vraie vie, pour la première fois depuis 6 ou 7 ans. le hall est blindé, à 8h moins 2, et l’énorme plante qui siégeait au centre, là où on pouvait s’asseoir sur les bords, a disparu et laissé son empreinte au sol, un énorme carré de lino pas usé. je m’associe alors inconsciemment à cette empreinte.

dans les couloirs y a toujours des hippies, des oreilles décollées, des surplus de retouches de blush aux toilettes des filles, des couples à l’écart, des filles coincées aux cahiers de texte, des bandes de minis-ouaiches adossés aux murs, et je peux pas m’empêcher de sourire. j’espère aussi revoir un de mes prof d’histoire qui m’a toujours plu, anarchiste sur les bords et subtilement sarcastique. je fais les deux étages et le rez-de-chaussée, en tâchant de faire tous les escaliers intermédiaires, pas éclairés, là où on se cache quand les gens autour deviennent trop nombreux.

chaque étage a sa spécificité, y en a pas un que j’aime le plus, je les aime tous. peut-être que je préfère le 1er, je sais pas. mais le dernier a beaucoup de valeur sentimentale pour moi, et comme j’écoute joy division depuis la gare, je suis en plein dans ma période rock’n'roll. j’ai adoré mes 15 ans. je me suis pas beaucoup amusée quand j’étais ado, pas comme j’aurais voulu. sauf mes 15 ans. ça a été tout. et le 2e étage en fut un peu témoin. alors je le traverse, toujours le sourire aux lèvres, juste pour le plaisir d’en fouler le sol, frôler les murs et admirer ce qui est objectivement pas admirable.

au bout du 2e, y avait une terrasse. tout le monde, dans ce lycée, a dû passer devant un jour en se disant qu’y accéder pourrait être pas mal, pour faire n’importe quoi, juste y aller rien que parce que son accès est impossible (et interdit).

aujourd’hui, à 8h du matin, la porte de la terrasse était entrouverte.

je franchis la porte avec une hésitation d’un dixième de seconde. je me trouve là où personne de ma génération n’a jamais pu se trouver, à regret… et je me sens soudain incroyablement légère, j’atteins presque l’insouciance des 15 ans qui a fait perdre la tête à maints profs de maths, science ou CPE… et ma mère. qui m’a un jour mis mes t shirts provocateurs faits maison dans un sac poubelle. sous mes plaintes et lamentations.

j’observe un mini panorama, « mini » mais qui me suffit, assez large parce que ça me suffit, parce que mon année de mes 15 ans m’a suffit, parce que je me suis contentée de ça, et que j’ai maintenant l’oeil dessus, entièrement, et que j’adore ça. je m’y abandonne. le soleil se lève, perce les nuages. je me retourne alors. et je découvre l’échelle, complètement libre d’accès elle aussi, qui mène au toit de tout le bâtiment du lycée.

j’ai hésité une seconde, de peur qu’on m’enferme par erreur ou par sadisme sur la terrasse, mais j’ai agrippé un barreau, trempé par la pluie nocturne.

joy division joue atmosphere. la dimension aérienne et planante de ce qui joue dans mes oreilles me pousse en haut de l’échelle, à voir au-dessus du toit de mes 15 ans, à contempler le lever du soleil par ce terrain vague céleste, le plus proche de l’eden, le plus éloigné de l’humanité. de là, je vois tout. tout le périmètre, en un seul coup d’oeil, tout le théâtre de cette foutue année de ma vie. je surplombe des masses de souvenirs, flottant dans l’air comme les ondes sonores qui jouent, comme le vent léger dans mon foulard, comme les rayons du soleil sur mon sourire demeurant. je n’ai besoin de surplomber personne. juste moi.

 

le voyage en italie, par procuration, les photos qui en ont été ramenées… et le petit coeur noir…

le carnaval

mes jeans dix fois trop grands

moi trop menue dedans

attendre le bus le mercredi midi

mes pulls de hippie

mon premier lecteur CD

les cours que je notais, sans rien en faire

ma grande soeur, sa tête rasée du jour au lendemain

et de la pluie dehors, du beau temps dedans

 

toit1cellel2.jpg

 

…avec ça.


mon irréductible côté geek

y a un type dans l’agence où je suis en ce moment, il éternue comme le vieil irlandais chez MacDevitt’s dans Les Chevaliers de Baphomet I…

 

(à droite.)

 

 

 chevaliersbaphomet.jpg


ça y est,

 

 

 i’m a fan of.

 

 

 

 


« ça craint »

j’arrête pas de dire ça.

mais quand je vois écrit sous « eh bien OUI, » :

 

Secrets de la drague

Recevez par email les secrets d’un dragueur pro

 

bah… c’est plutôt légitime.

ah ouais et puis je viens de revoir la Mouche de cronenberg, et pareil, ça craint.

par contre, j’ai une nouvelle référence culturelle !

« t’es qu’un boulet ! t’es chiante !« 

jeff goldblum en slip, super remonté (VF pour le coup)

trop emdéhaire.


sympathique petite anecdote

je suis en pleine retouche de plein de trucs. 

je veux réduire la taille d’un billet de 20 euros.

je veux le faire proprement.

je m’en remets bien entendu à mon ami photoshop.

ctrl+C, ctrl+V.

 

mais là, jeune fille naïve que je suis, ô stupéfaction :

 

wouahou.bmp

 

 

(le pire, c’est que ça marche quand même avec le billet de 10)

 

 


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